- Les diesels émettent plus de CO2 sur le cycle de vie que l’essence (3,65 t).
- Le diesel produit plus de NOx en ville, aggravant la pollution et les morts.
- Les hybrides essence coûtent pareil mais émettent 20-25% moins de CO2 que diesel.
- L’Europe doit accélérer la transition vers des véhicules non polluants et électriques.
Alors que dans notre pays, on ne met pas encore un grand accent sur la protection de l’environnement, en Occident, cette idée est promue depuis quelques années. À cette fin, l’Union européenne prévoit de retirer du marché dans les prochaines années tous les véhicules à combustion. Ceux-ci seront remplacés par des véhicules électriques.
Jusqu’à ce que nous réussissions à éliminer ces types de voitures, nous devons voir lesquelles sont les plus nocives pour l’environnement : celles à essence ou celles à diesel. Comme on le sait déjà, entre les moteurs diesel et ceux à essence, il existe des différences tant en ce qui concerne leur fonctionnement que leurs caractéristiques.
En général, les véhicules à essence sont utilisés dans de petites voitures de ville avec des moteurs peu puissants. On les trouve également dans les voitures de haute performance ou celles de luxe. D’autre part, les moteurs diesel sont résistants et sont installés sur des camions, véhicules de grand tonnage et SUV.
Deux ans après que le scandale Dieselgate a révélé la nature polluante des voitures diesel, une nouvelle étude réalisée par Transport & Environment (T&E) montre que les voitures diesel non seulement polluent l’air, mais émettent également plus de gaz à effet de serre (CO2) que celles à essence.
Une analyse du cycle de vie des émissions des véhicules démontre qu’au cours de leur cycle de vie, les voitures diesel émettent 3,65 tonnes de CO2 de plus qu’un équivalent à essence. L’impact majeur du diesel sur le climat s’explique par un raffinage du diesel nécessitant plus d’énergie. Plus de matériaux sont nécessaires pour la production de moteurs plus lourds et complexes, plus d’émissions de biodiesel mélangées dans le diesel et une consommation de carburant plus élevée.
Cette analyse démystifie l’affirmation des constructeurs automobiles selon laquelle les voitures diesel sont nécessaires pour atteindre leurs objectifs climatiques. Un regard sur les brochures marketing et les sites web des fabricants automobiles démontre que la différence entre les moteurs diesel et ceux à essence comparables est négligeable : de zéro à quelques grammes de CO2. Mais, généralement, les voitures diesel coûtent 2 000 à 3 000 euros de plus que celles à essence. Les alternatives actuellement disponibles, comme les véhicules hybrides à essence, ont un prix similaire à celui des véhicules diesel, mais émettent environ 20 à 25 % de moins de CO2.
Dieselgate a déjà révélé que les voitures diesel sont la cause dominante du dioxyde d’azote toxique dans les villes européennes, qui tue annuellement 68 000 Européens. Contrairement aux affirmations de l’industrie, les voitures diesel sont aussi plus néfastes pour le climat que les versions à essence et ne sont pas nécessaires pour atteindre les objectifs d’émission de CO2 des voitures. L’Europe doit maintenant se tourner vers l’avenir et accélérer la transition vers des véhicules non polluants et électrifiés et oublier les moteurs diesel.
En Europe, le marché automobile est incliné en faveur des moteurs diesel à travers des réglementations biaisées et des taxes injustes. Alors qu’en Europe, la part de marché des motorisations diesel est d’environ 50 %, dans le reste du monde, elles représentent un produit de niche. L’Europe achète 7 sur 10 voitures et fourgonnettes diesel vendues mondialement, tandis que moins de 1 % des véhicules neufs vendus aux États-Unis sont diesel, et en Chine, le plus grand marché de véhicules du monde, le diesel représente moins de 2 %.
L’étude identifie trois causes pour la dépendance de l’Europe au diesel :
1. Taxes nationales biaisées pour le carburant et les véhicules. Dans la plupart des pays, le diesel est taxé de 10 % à 40 % moins que l’essence. Ce “bonus diesel” a coûté aux budgets nationaux près de 32 milliards d’euros en recettes fiscales perdues rien qu’en 2016 ;
2. Les normes d’émission Euro inéquitables de l’UE qui, pendant des décennies, ont permis aux voitures diesel d’émettre plus de NOx que celles à essence. Cela a été exacerbé par l’utilisation de tests obsolètes (récemment mis à jour) et d’une surveillance inefficace des réglementations qui a permis aux fabricants automobiles d’installer des systèmes de contrôle des émissions bon marché et inefficaces, qu’ils réduisent ou éteignent la plupart du temps ;
3. Des réglementations biaisées sur les émissions de CO2, qui établissent des objectifs plus faibles pour les constructeurs d’automobiles produisant des véhicules diesel plus grands et plus lourds.
L’héritage du Dieselgate est les 37 millions de voitures diesel extrêmement polluantes qui circulent encore sur les routes européennes. Bien que certaines d’entre elles soient retirées des routes, ces voitures arriveront bientôt en Europe centrale et orientale, étouffant les citoyens de ces régions.
Nous avons besoin d’une action concertée et coordonnée à l’échelle de toute l’UE pour nous assurer que ces machines ne continueront pas à émettre des gaz toxiques pendant encore 10 à 15 ans. Il est temps que les constructeurs automobiles assument la responsabilité de leur retrait et paient pour les mesures locales de lutte contre la crise de la pollution urbaine qu’ils ont largement provoquée.
En Europe circulent plus de 37 millions de voitures et fourgonnettes avec une pollution au-delà du niveau normal, et la réponse de l’industrie est une série d’interventions logicielles incohérentes dans certains pays, sans programme de nettoyage cohérent pour les clients dans les 28 pays de l’UE. Cela dit, les voitures diesel doivent être éliminées car elles sont nocives et dangereuses pour la santé humaine.